Synthèse n° 65

L'Intelligence Animale : Cervelle d'Oiseaux et Mémoire d'Eléphants

Emmanuelle Pouydebat

Première publication · 2017Éditeur · Odile Jacob224 pages

Couverture de L'Intelligence Animale : Cervelle d'Oiseaux et Mémoire d'Eléphants
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INTRODUCTION : Redéfinir l'intelligence

Emmanuelle Pouydebat, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de l'évolution des comportements, s'attaque dans ce livre à un mythe tenace : l'anthropocentrisme (l'idée que l'humain serait au centre de tout et supérieur aux autres espèces).

La thèse principale du livre est claire : il n'existe pas une seule intelligence (la nôtre), mais une multitude d'intelligences. L'intelligence se définit comme la capacité d'un individu (ou d'un groupe) à s'adapter à son environnement pour survivre, se nourrir et se reproduire. À partir de là, un humain perdu dans la jungle sans GPS est bien moins "intelligent" qu'un singe capucin qui sait exactement quelles noix manger et comment les casser.

L'auteure nous emmène dans un voyage fascinant pour déconstruire nos préjugés, à travers plusieurs grands thèmes.


PARTIE 1 : L'utilisation et la fabrication d'outils

Pendant longtemps, la science a cru que "l'Homme" se définissait par l'outil (Homo faber). C'est faux. L'utilisation d'outils est courante dans le règne animal, et leur fabrication l'est aussi.


PARTIE 2 : La mémoire, le repérage et la navigation

La mémoire est vitale pour la survie. Elle permet de se souvenir de l'emplacement de la nourriture, des prédateurs et des partenaires sociaux.


PARTIE 3 : L'empathie, la coopération et la vie sociale

L'altruisme et la morale ne sont pas des inventions humaines. Vivre en groupe nécessite des règles, de l'entraide et de l'empathie.


PARTIE 4 : La communication et la transmission culturelle

La culture (la transmission de comportements d'une génération à l'autre non pas par la génétique, mais par l'apprentissage) est omniprésente.


CONCLUSION ET IDÉES PRINCIPALES À RETENIR

Dans ce livre, Emmanuelle Pouydebat nous démontre que la question de savoir qui de l'animal ou de l'humain est le plus intelligent n'a aucun sens d'un point de vue évolutif.

Les idées clés à retenir :

  1. L'intelligence est plurielle : C'est une boîte à outils évolutive. L'agilité, la mémoire, la coopération, la fabrication d'outils sont autant de formes d'intelligences.
  2. L'intelligence est relative à l'environnement : Être intelligent, c'est adopter le comportement exact qui permet de survivre dans un contexte donné. L'intelligence du pigeon (qui peut s'orienter sur des milliers de kilomètres magnétiquement) n'est pas celle du chimpanzé, car leurs besoins sont différents.
  3. L'animalité de l'homme : L'humain n'est pas "au-dessus" du règne animal, il en fait partie intégrante. Nos capacités cognitives s'inscrivent dans un continuum évolutif. Ce que nous faisons, d'autres espèces le font aussi, parfois différemment, parfois mieux.

La Morale de l'histoire

La véritable morale de ce livre est un appel à l'humilité et à la préservation. En comprenant que nous sommes entourés d'êtres dotés de conscience, de mémoire, d'empathie et de cultures propres, notre regard sur la nature doit changer. Détruire les habitats naturels ou traiter les animaux comme de simples machines biologiques n'est pas seulement une erreur écologique, c'est la destruction de trésors d'intelligence forgés par des millions d'années d'évolution. L'intelligence suprême, pour l'humain d'aujourd'hui, consisterait justement à utiliser sa propre cognition pour protéger celles des autres espèces avec lesquelles il partage la planète.